BAL LOCAL

Entretenir son réseau en tant que freelance – Carole-Anne, Les Toulousaines Audacieuses

laura chef de projet toulouse

Laura a rencontré Carole-Anne, fondatrice du réseau Les Toulousaines Audacieuses

Laura : Je vous propose d’aller danser avec une freelance qui a plein de bons conseils à nous transmettre sur le réseautage. Parmi ceux qui ont déjà exploré cette pratique, deux clans apparaissent : ceux qui disent qu’ils y perdent leurs temps et ceux qui y trouvent leur mine d’or. A l’heure ou la recommandation et l’influence est à son maximum pour la prise de décision, le réseautage est un exercice pas toujours facile qu’il faut préparer pour en tirer le meilleur parti. Cet article du Bal Local vous livre les secrets pour construire et entretenir son réseau.

bal local : entretenir son réseau en tant que freelance

J’ai rendez-vous avec Carole-Anne, freelance en communication digitale et fondatrice du réseau les toulousaines audacieuses. Sa douceur, son empathie mais aussi sa détermination et son enthousiasme font d’elle une freelance accomplie.

Bonjour Carole-Anne, pour commencer, on aimerait en savoir un peu plus sur toi.

Carole-Anne : J’ai 31 ans et plusieurs activités aujourd’hui : freelance en formation et accompagnement en stratégie digitale, j’ai aussi fondé le réseau Les Toulousaines Audacieuses il y a 1 an et demi. Je suis passionnée de voyages, j’aime voyager dès que j’en ai l’occasion, mais ce qui anime beaucoup mes journées c’est le travail. C’est souvent le cas quand on est entrepreneur. C’est aussi une passion pour moi, et je pense que c’est ce qu’il faut car quand on est entrepreneur le travail nous prend beaucoup de soirées.

Laura : Je te rejoins là-dessus, le travail devient la passion, mais quand on est freelance, c’est qu’on l’a choisi et que notre travail nous plaît.

C’est quoi ta journée-type ?

Carole-Anne : Il y a des journées où j’ai beaucoup d’accompagnement individuel, des journées où je vais plutôt animer des formations collectives… Je peux ne pas sortir de chez moi pendant 2-3 jours pour faire du back-office ou mettre en place ma communication, etc… Il y a aussi des jours où j’ai des déjeuners ou des soirées réseautage… aucune journée ne se ressemble !

Laura : Le réseau tient quelle place dans ta vie ? Quels sont les avantages de créer et entretenir son réseau ?

Carole-Anne : Au début, je ne connaissais aucun entrepreneur dans mon entourage et ça me manquait parce que j’avais l’impression d’être une extraterrestre quand ma passion pour le travail n’était pas forcément palpable pour des salariés. La 1ère chose que ça m’a apporté, au-delà du business, c’est de me faire des amis, et ça m’a permis d’évoluer dans ma posture d’entrepreneure et dans mon activité car ces personnes là m’ont toujours soutenue, suivi dans tout ce que je faisais… Je n’aurais pas créé Les Toulousaines Audacieuses si je ne les avais pas rencontrés. Je pense que ça apporte beaucoup de choses en terme humain.

 

Carole-Anne : Au début, je ne connaissais aucun entrepreneur dans mon entourage et ça me manquait parce que j’avais l’impression d’être une extraterrestre quand ma passion pour le travail n’était pas forcément palpable pour des salariés. La 1ère chose que ça m’a apporté, au-delà du business, c’est de me faire des amis, et ça m’a permis d’évoluer dans ma posture d’entrepreneure et dans mon activité car ces personnes là m’ont toujours soutenue, suivi dans tout ce que je faisais… Je n’aurais pas créé Les Toulousaines Audacieuses si je ne les avais pas rencontrés. Je pense que ça apporte beaucoup de choses en terme humain.

Laura : En termes d’échanges, de partage… 

On parle souvent du côté solo de l’entrepreneur, et ça nous permet de confronter notre quotidien avec des gens qui connaissent la même chose.

Carole-Anne : C’est ça, en freelance on n’a pas forcément de collègues quand on débute. C’est comme se créer des collègues via le réseau.

Laura : Pourquoi avoir voulu créer Les Toulousaines Audacieuses ?

Carole-Anne : J’ai assisté à des événements d’autres réseaux, je trouvais qu’il y avait des choses très bien et ça m’a beaucoup apporté mais j’ai eu l’impression qu’on était face à 2 types de réseaux. Soit des réseaux très engageants avec une cotisation annuelle assez élevée, soit des événements gratuits mais sans suivi avec les personnes rencontrées. J’ai voulu mixer un peu les deux, avec des événements ponctuels tout en proposant une adhésion pour que les personnes qui veulent vraiment garder le lien et faire partie d’un groupe plus soudé puissent adhérer, sans que ce soit obligatoire pour qu’on rencontre tout le temps de nouvelles personnes.

J’avais aussi vraiment envie de donner un côté bienveillant, chaleureux, parce que je suis quelqu’un de réservé et j’avais envie que les personnes qui viennent ne se sentent jamais seules, soient intégrées.

Je voulais vraiment aussi casser ce côté “business à fond”, par exemple je demande aux entrepreneures qui viennent aux évènements de ne pas mettre leur carte de visite sur leurs tables. C’est quelque chose qui se fait beaucoup mais je trouve que ça n’a pas de sens. 

Laura : Tu es passée par de grandes étapes dans la construction du réseau ?

Carole-Anne : Les Toulousaines Audacieuses existe depuis 1 an et demi (octobre 2018). Je l’ai lancé un peu sur un coup de tête. Un jour, je suis allé à un événement pendant lequel je me suis dit qu’il y avait tellement mieux à faire, alors je me suis lancée. Personne ne me connaissais, et l’événement était payant, mais j’ai quand même réussi à avoir 9 personnes, ce qui est pas mal pour une première !

J’ai commencé à organiser 1 événement par mois, complet dès le 2ème avec le bouche à oreille et le compte Instagram qui a grandit petit à petit.

Le réseau a grandi assez vite, on a rajouté de nouveau évènements… aujourd’hui, le projet, c’est de développer un lieu entièrement dédié à l’entreprenariat féminin.

Laura : Tu crois que la régularité est un élément clé pour cueillir les fruits de son investissement en temps ?

Carole-Anne : Je vois les relations professionnelles comme des relations dans la vie personnelle. On a plus tendance à recommander quelqu’un qu’on voit régulièrement, donc ça porte beaucoup plus ses fruits si il y a de la régularité.

Laura : Tu vois des limites au réseau ? Ca prend beaucoup de temps, jusqu’où va-t-on dans notre implication dans le réseau ?

Carole-Anne : En fait, il faut bien choisir le réseau dans lequel on va. Il y a des typologies d’entrepreneurs dans certains réseaux, ça ne sert à rien d’aller dans un réseau dont on sait qu’on ne tirera rien. Il faut aussi être à l’aise dans le réseau dans lequel on va. Je trouve que la limite, c’est d’aller dans un réseau en se disant “j’y vais juste pour faire du business”. Il faut être patient, on ne décroche pas un contrat dès la 1ère fois.

Laura : Quels sont tes meilleurs conseils pour bien se préparer à un événement ?

Carole-Anne : Déjà, travailler un peu sa présentation. Il faut partir du principe qu’on s’adresse à des gens qui ne connaissent pas notre métier. Au lieu par exemple de dire “je suis community manager”, dire plutôt “j’accompagne les entrepreneurs à mettre en place leur communication sur les réseaux-sociaux”. Il faut avoir une présentation impactante et donner l’impression d’être sûr(e) de soi. C’est normal d’être hésitant, mais ça se travaille.

Laura : Et les réseaux permettent justement de s’entraîner à le faire.

Carole-Anne : C’est ça. Je dirais aussi qu’il faut essayer d’écouter les présentations, pour ensuite aller parler avec les personnes qui nous paraissent intéressantes, pertinentes pour nous. Il vaut mieux avoir 5-6 contacts ciblés dans une soirée plutôt que d’en avoir trop et de ne plus se rappeler de personne.

Laura : C’est fatiguant de parler avec tout le monde et ça peut nous faire perdre du temps.

Carole-Anne : Petit conseil pour les personnes timides : ne pas hésiter à venir avec un ami entrepreneur. Ca permet de se sentir rassuré. 

Il faut éviter aussi d’aller dans trop de réseaux différents. S’impliquer dans un ou deux réseaux c’est déjà bien. Ca peut valoir le coup d’aller de temps en temps découvrir d’autres réseaux pour voir si il n’y en a pas d’autres qui nous plaisent mieux, mais il ne faut pas s’éparpiller.

Laura : Une fois que je suis allée à un événement et que j’ai donné ma carte de visite à des personnes ciblées, qu’est-ce que je dois faire pour mettre à profit à 100% cette soirée/petit-déjeuner ?

Carole-Anne : Je pense que c’est bien de rentrer en contact sur LinkedIn pour garder le lien, en n’oubliant pas d’envoyer un message à la personne pour qu’elle sache qui on est et pour que l’ajout soit plus sympathique. 

Il faut ensuite essayer de revoir les personnes avec qui on a vraiment accroché autour d’un café, dans un autre contexte, pour échanger plus en profondeur, voir si des synergies sont possibles… Il faut instaurer une relation gagnant-gagnant. C’est appréciable quand la personne nous invite à un de ses événements en retour d’une recommandation.

 

Laura : Tu as des conseils pour fidéliser ces relations ? Parfois, on oublie, on ne voit plus les personnes, on ne se parle plus alors que c’était intéressant. On ne peut pas passer sa journée à envoyer des messages ou des mails…

Carole-Anne : Le fait de s’ajouter sur les réseaux sociaux permet de voir passer l’actualité de la personne que l’on a rencontrée, échanger régulièrement en commentaire, rebondir en message privé… ça donne l’occasion de rebondir sur des choses précises plutôt que de penser à envoyer un message. Pour ça, je trouve que les réseaux sociaux sont super intéressants. Ca permet de construire une relation durable.

Laura : Tu disais tout à l’heure que dans le réseau que tu as créé, les gens ont créé des liens d’amitié. Je pense que c’est très important d’avoir cette relation de confiance dans le business. Comment les gens arrivent à dépasser le côté professionnel et qu’est-ce que ça peut leur apporter ?

Carole-Anne : Ca se fait assez naturellement quand on a un bon feeling. Même si ça ne va pas forcément jusqu’à l’amitié, on aime bien échanger autour d’un café. C’est beaucoup plus facile de recommander ces personnes plutôt que des personnes avec qui on a eu un échange dans un réseau. Je le vois vraiment chez les Toulousaines Audacieuses : les adhérentes se font beaucoup travailler entre elles. On m’a déjà fait un jour la remarque “Les Toulousaines Audacieuses, c’est pas vraiment un réseau professionnel, on voit que c’est plus pour copiner que pour faire du business”. C’est vrai que de prime abord, je le dis haut et fort, je ne veux pas qu’on vienne juste pour faire des échanges de cartes de visites, par contre je crois vraiment que quand on a une relation de confiance qui s’installe, on va avoir beaucoup plus facilement envie de recommander les personnes, parler d’elles, travailler avec elles… En fait, c’est comme dans la vie privée.

Laura : Je rajouterai qu’on est dans une période (COVID) où la solidarité, l’entraide est plus que jamais importante. Un réseau peut amener ça de manière naturelle.

Carole-Anne : Oui, ça va au-delà du travail. J’ai déjà eu des échos de personnes qui avaient recommandé d’autres personnes par obligation, parce qu’elles faisaient partie du même réseau, mais au final les personnes n’avaient pas été très contentes des prestations. Parfois, les prestations que proposent une personne qu’on se sent obligé de recommander ne correspondent pas forcément à ce que le client cherche. Par exemple, un graphiste a un style bien à lui. Si on est obligé de faire travailler un graphiste dont le style ne nous plaît pas, ça peut même se retourner contre nous…

Laura : Forcer cette recommandation, ça a des limites. On peut très bien s’entendre mais pas sur le plan du travail. Il faut trouver un juste milieu, pour que le réseau soit au bénéfice du business sans être contraint.

Carole-Anne : C’est ma vision, en effet. Je sais qu’il y a beaucoup de personnes a qui cela convient de ne faire que du réseau très orienté business, mais c’est la vision que je défend et je vois les résultats chez Les Toulousaines Audacieuses en procédant de cette façon.

Laura : Quand on a choisi d’être freelance, on se retourne souvent vers le réseau parce qu’on a besoin d’argent, mais on s’est lancé en freelance je pense avant tout pour être libre, et cette liberté, on doit la retrouver dans les réseaux dans lesquels on fait partie. A mon avis, c’est super important de faire partie d’1, 2 ou 3 réseaux… qui nous ressemblent et qui permettent de conserver notre liberté.

On est en pleine mutation du marché du travail, les gens ont envie de liberté, mais à la fois envie de créer des liens.

Carole-Anne : On est avant tout des humains, donc on a toujours besoin du contact d’autres personnes. On a beau avoir un chéri, des amis, une famille, ils ne comprennent pas forcément les problématiques que l’on a au quotidien, pourquoi on a trop de travail… c’est bien de pouvoir partager tout ça avec des entrepreneurs qu’on a rencontré via les réseaux.

Laura : Le mot de la fin, je l’ai choisie pour toi, je l’ai vue sur ton site internet : “Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin”. Pourquoi cette phrase ?

Carole-Anne : Je trouve qu’elle fait vraiment sens avec les raisons pour lesquelles j’ai créé Les Toulousaines Audacieuses ! Pouvoir rencontrer d’autres personnes pour pouvoir tisser des liens et challenger ses idées. Au-delà de ça, je l’applique vraiment ces dernières semaines parce que je m’associe pour un projet d’espace dédié à l’entreprenariat féminin. Pendant longtemps, je me disais que c’était génial d’être tout seul, on fait ce qu’on veut. Quand on crée notre projet, c’est très difficile de le partager avec quelqu’un d’autre, et au final, depuis que j’ai commencé à travailler avec Marion avec qui je m’associe, c’est que du bonheur, et effectivement, on va beaucoup plus loin.

Cet article est basé sur un épisode du Bal Local, votre podcast dédié au freelancing et à la transformation du travail.

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